À la diskilo : Bobby (chronique bouffe)

27 Mars 2015 / par

Quand ma vie consistait principalement à skipper mes cours, sortir, fumer, jouer au PS2 et ré-éecouter Snatch, une chance que j’avais Frank aka Le Goon. Frank, c’était le gars qui restait proche de l’université, qui avait tout le temps du weed et qui possédait une très sweet collection de DVD/VHS jamais retournés. Mais plus que tout, c’était le dude qui te hookait up avec des snacks aussi bons que ceux de grand-maman mais sans te faire chier parce que tu gardais ton manteau et ton chapeau de biseball en dedans.  Tu pouvais débarquer à n’importe quelle heure avec tes boys ou ta blonde, et Le Goon, arborant fièrement un wife beater et avec une cigarette de marijuana au coin de la bouche, te concoctait des petits miracles greasy et réconfortants avec des ingrédients du dép’ chinois.  C’était très Action Bronsonesque comme scène. Je pensais que j’avais perdu ce vibe-là à jamais…

…Et puis j’ai découvert Bobby’s!

Dans un local qui servait jadis de café irlandais un peu louche de Pointe-St-Charles, Bruno aka Bobby Rathbone, le chef et actionnaire principal, run le secret le mieux gardé du Sud-Ouest.

Comme chez Frank, tu vas chez Bobby’s pour manger ce qui te fait du bien. Les saveurs, tu les connais déjà : burgers, mac & cheese, tacos, crab cakes, nachos, pulled pork, grilled cheese, chili… mais à chaque plat, Bobby rajoute une petite touche qui te fait dire, «I feel special». Comme il aime bien le décrire à chaque nouveau visiteur, c’est du «comfort food with a twist».  La twist, c’est l’amour que Bobby a pour la bouffe et surtout pour ses clients. Après 2 visites, t’obtiens le statut de membre de la famille.

Le Mac & Cheese Deluxxx rend tout le monde heureux (bacon au sirop d’érable, onions caramélisés au whiskey, crème, muscade, chapelure et gratiné au cheddar fort).  Mais comme toute bonne cuisine qui feel maison, Bobby y va avec l’inspiration du moment. Et comme ton boy qui cuisine dans ton crew, il travaille avec ce qu’il a dans le fridge ce jour-là et tu peux y faire confiance.

Mais tu te dis, «heille 10kilos parle moi de rap… si je veux connaître les places hyper branchées où bouffer, je vais lire le blogue de Marie-Claude Lortie. Elle connait ça pour vrai elle!»

Ben je te répondrais ça : Bobby’s est l’établissement de nourriture et de boisson le plus Hip Hop à Montréal.

La décoration est un mix unique de sous-sol de bungalow kitsch des années 70 et de graff culture (Bobby est un vet du graffiti scene). Il n’y a pas de DJ, juste un mac plogué dans un gros speaker qui joue tout sobrement du rap instrumental en début de soirée et qui, un coup le soleil couché, blast le dernier fou mix de Kaytranada, un classique de E-40, le plus récent opus de Eman & VLooper, un gros reggae ou ce que tu décides de mettre (si c’est mauvais, quelqu’un va juste changer de toune après le deuxième verse sans t’en tenir rigueur). Le ventre bien rempli et sous l’inspiration de quelques red stripes, un des nombreux rappers queb réguliers de la place ou même un des cooks peut bust un freestyle monumental.  Les discussions et les débats sur le rap et sur n’importe quoi (shoutout au futur bateau de Arnak d’Atach Tatuq) qui se donnent en attendant ton brownie au bacon n’ont rien à envier sur ce que tu peux entendre dans un barbershop de Brooklyn.

Tu peux même aller kill ton hangover le samedi et le dimanche avec son brunch de champion. Mais pointe toi pas trop tôt, parce que la soirée d’avant Bobby a sûrement closer la place à 3am et a turn up solidement à coup de round de shots de Jameson pour tes nouveaux amis, ta date et ta nouvelle famille de Pointe-St-Charles.

Je veux pas passer pour le gars qui veut un burger gratuit, so voici des points négatifs :

  • Des fois, le câble entre l’ordi et le speaker se débranche et la musique arrête.
  • Si tu restes trop longtemps, tu vas peut-être sentir le bacon. Mais t’as aucune raison de partir, so on s’en fout.

So vas-y!

K. Bye.

Bobby

1980 Wellington

(514) 564-1176

ps: Frank n’est plus Le Goon… il mange bio,  couvre ses tats, s’habille comme Éric Salvail, fume pas et fait présentement du ski dans les Alpes avec son ostéopathe privé.

 

 

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