A-Wax a tout simplement le meilleur album de trappe triste de l’année. (profil)

5 Septembre 2014 / par

Je dois beaucoup de choses au homie Pell Rell de Pure Baking Soda, et je dois ajouter à la liste A-Wax, pour qui il est (c’est un euphémisme) très enthousiaste. 

Originaire de Pittsburgh, CA (comme le groupe iconique Mob Figaz, avec qui d’ailleurs il a/entretien un beef assez sérieux avec un des membres, Husalah) Aaron Doptie est dans la drogue depuis virtuellement le berceau. Il roule avec les Elm Street Piru ( voir son horrible tatouage de cou des Phillies et la référence à Freddy Krueger sur la trilogie de mixtape «Nightmare on Elm Street»). À 16 ans, il est accusé de charges assez sérieuses pour qu’on le fasse passer devant un tribunal pour adulte, qu’il l’enverra à l’ombre pendant 7 ans. On ne lui offre pas de programme d’éducation, ni de réhabilitation: il n’est pas encore majeur et l’État le considère déjà irrécupérable. Les règles de la vie lui sont distillées par les OG du bloc, qui le convainquent de remettre sa vie sur pied: pour eux, il est déjà trop tard, parce que c’est seulement dehors qu’il y a moyen de changer quoi que ce soit. Depuis sa sortie, il

«All these rappers wanted to tell me “Hey we’re selling drugs. But no one  wanted to say “Your mom dies where you are in the pen, and you can’t go to the funeral. Ok. What rap song cheers me up on that day ?»

Cet apprentissage à la dure complexifie et balance ses inclinaisons naturelles à «parler de ce qu’il connaît le mieux», la drogue. Comme Starlito ou Kevin Gates, il a la trappe triste, se positionnant ouvertement du côté des victimes du système, par opposition à ceux qui s’auto-proclament gagnants (Lil Wayne, Ross, Plies).  Ça permet est un spectre d’exploitation d’émotions beaucoup plus large, et crée de la musique beaucoup plus durable.

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«Jesus Malverde», paru en février 2013, avait bénéficié du support du Brick Squad de Gucci Mane (via Waka Flocka), et d’un coup de pub sur quelques blogues. Ses alliances georgiennes étant décimées par la prison et la rivalité, «Pullin’ strings», sorti à la fin juillet, semble être allé directement dans le dalot. Et c’est très dommage, parce que c’est un des meilleurs moments musicaux expérimentés cette année.

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J’adore son flow, qui me rappelle, je ne sais pas trop comment l’expliquer autrement, un genre de croisement improbable entre 2 Chainz, TI et Buck 65. Tous les filtres sont enlevés, et ce qui traverse du booth aux enceintes est une dose de réalisme triste, planant avec ambivalence entre défaitisme nostalgique et rêveries idéalisées. À 20 morceaux, il ne s’est pas encore imprégné suffisamment dans mon cortex, et j’oublie surement des grosses slappes en fin de disque, mais je vous conseille de commencer par «40 dollars» et «Lay em down twice», hommage planant et mélodique à cet ami au destin on ne peut plus tragique.

PS: Une rare (mais très #réelle) entrevue avec le rappeur, où il livre quelques pages de sa vie. ll faut cependant faire un grand effort d’abstraction de la pauvreté  des décors et des animateurs, qui semblent avoir trouvé un concept encore plus minable que le «casting couch»; l’«entrevue tabouret».

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