BEEFF, les authentiques vrais fakeurs (tlchrgmnt)

24 Février 2014 / par

«The paradox at the heart of hip-hop is that no genre celebrates authenticity more but rewards artifice so richly.»

Beaucoup de sagesse dans cette phrase de Jeff Weiss qui ouvre le profil sur le duo californien BEeFF. Alors que la majorité des rappeurs passent une bonne partie de leur catalogue à justifier leur crédibilité, Evan Washington et Bertran Cooper (ça pourrait être des noms de comptables du Missouri, ce qui ne me laisse pas complètement convaincu que ce sont les leurs) se sont auto-proclamés les princes du toc.

De fait, ça leur laisse plein de temps pour parler de pleins de choses, comme Mickey Mouse et David Letterman. Heureusement, les clowneries ne se font pas aux dépens des règles élémentaires du rap: les gars sont amplement capable d’aligner esthétiquement les mots derrière les autres.

Comme d’autres groupes hallucinés qui ont diverti notre année dernières, BEeFF sont les héritiers de la riche tradition psychédélique de la Côte Ouest. Ils font partie de la génération qui s’est décomplexé sur les clivages raciaux des drogues, ré-imaginant leur culture afro-américaine sous le prisme mouvant du «LSD vision». «Like a bish» devrait tout de suite plaire à ceux qui ont été diverti par  The Underachievers et Flatbush Zombies l’an dernier.

Ils ne pêchent heureusement pas par un excès de mysticisme (ce qui a personnellement eu raison de mon intérêt pour les Underachievers), préférant plutôt l’absurdité et la dérision.

«We’re realer than faker than realer than fake fake», comme ils disent.

#BEEF, leur dernière mixtape, a tout juste un mois, et est remplie de jolie prose superficiellement profonde.

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