Clip triste: Lil’ Wayne avec Future et Drake – Love Me

15 Février 2013 / par

Ces temps-ci, il est difficile de ne pas se sentir mal pour Weezy.

Il transpire le même désespoir que Sammy Sosa qui attend que son téléphone sonne pour lui dire qu’il sera intronisé à Cooperstown. Ou que Lance Armstrong, qui attend que son téléphone sonne tout court.

La grande messe du rap à ceci de bien: elle n’interdit pas encore le dopage et les substances qui améliorent la performance. Mais le cas Tunechi est un exemple parfait des dangers de commencer la sauce, d’y habituer ses fans, puis d’arrêter d’un coup.

Il a été tellement dominant – quantitativement et qualitativement – dans les deux premiers tiers de la décennie qu’il peut encore donner l’illusion d’être en contrôle. Il attire encore un nombre impressionnant de «clics» et il réussit à placer sa voix assez régulièrement à la radio américaine (le «taste maker» incontournable et le meilleur indice pour déterminer qui est en situation de pouvoir), mais presque toujours en hijackant l’espace les autres. S’il a dépassé Elvis pour le plus grand nombre d’apparition dans le top 100 de Billboard, c’est essentiellement grâce aux featurings (dans 70% de ses apparitions).

C’est indéniable: pour une bonne partie de sa carrière, c’était lui qu’on utilisait comme hélium pour faire monter un single dans les palmarès. Mais la tendance s’est inversée depuis au moins deux ans; depuis qu’il est à l’eau claire et aux vitamines. Il saute d’un ballon à l’autre, en essayant de se garder à niveau. Le meilleur exemple, c’est Bandz a make her dance. La chanson de Juicy J est partie de nul part: Lil’ Wayne a grimpé dessus, avec 2 Chainz. Je sais pas qui a payé qui, mais si j’avais été Juicy J, je les aurais attendu avec la main ouverte et un t-shirt «Fuck You Pay Me». C’est vrai que leur présence sur le morceau a clairement aidé à la visibilité, et que des millions de gens sont rendus compte que c’était un morceau mongol. Mais, sur Youtube, la chanson seulement avec Juicy J (sans vidéo) est à 9 millions de views, et le clip avec les deux autres est à 17. Ce n’est pas un écart astronomique. J’ai l’impression que plus personne n’appelle Lil’ Wayne parce qu’il est cool, mais juste parce qu’il a une grosse maison, que ses parents sont pas souvent là pis qu’il a un congélateur plein de pizza pochettes.

***

Pour Love Me (je déteste la personne frileuse qui a changé le titre original, Good Kush & Alcohol), son dernier single, il ne pourrait pas être plus évident que le Weezy sobre ne peut plus suffire pour attirer. Drake, évidemment, est inféodé pour le restant de ses jours à Wayne, et n’a sûrement pas eu le choix de voir son nom mis sur la chanson (sa participation finale se résume pas mal juste à ça d’ailleurs, mettre son nom). Mais j’espère sincèrement que Mike Will et Future lui ont chargé la totale, parce qu’ils sont la seule force créatrice derrière ce joyau qui aurait fait brillé n’importe qui (et que j’aurais préféré voir refiler à quelqu’un qui en a plus besoin que Lil’ Wayne).

Le clip accentue l’idée de vide d’idées le plus complet, alors qu’il reprend exactement là où Bandz a make her dance finissait, dans le mélange d’ambiance sombre, d’onirisme érotique et de d’effets de post-production subtils. Même dans les standards très bas du clip rap, c’est poche. C’est dur de dire non aux millions de Stan de Lil’ Wayne, mais il faut que le vampire prenne une pause.

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