DMX vs DRAKE: 2 entrevues publiques, une qui vire très bien, l’autre très mal (clip)

25 Septembre 2013 / par

C’est probablement aussi une des conséquences de la digitalisation de la musique, qui oblige à trouver des moyens originaux de créer du momentum autour d’une sortie. Le retour à la mode des entrevues de fond est plus qu’inespéré dans cet ère de la liste, du teaser et du pre-roll. Ici, vous avez dû vous rendre compte qu’on on y croit, en tout cas. Si le rap vous intéresse, la série CRWN, avec Elliot Wilson, ainsi que la Music Academy de Red Bull, fait de l’excellent travail.

À entendre Drake, qui à mon avis émet une opinion partagée par tous ceux qui ont déjà été interviewé, cet exercice où l’artiste parle directement à ses fans, sans donner la possibilité à une presse maladroite ou mal intentionnée de mal le citer, contre-balance amplement le stress de se livrer sans cage à un reporter-requin. Bon, dans le cas de CRWN, ce n’est pas trop risqué, parce que Wilson a plus l’air de vouloir être son ami que poser des questions pointues, mais bon, c’est un moindre mal.

Je suis probablement un peu biaisé, mais Drake s’en sort à merveille. Il relance l’animateur, il cherche à comprendre le sens de ses questions (un peu décousue) pour y répondre le mieux possible, il donne des anecdotes exclusives (celle sur Ghostface fait sourire). Ça fait du bien en tout cas de voir qu’il est possible de faire de la musique novatrice et intelligente, sans se prendre pour Jésus Christ. Si le Torontois aspire à challenger Kanye West créativement, il restera toujours très loin d’atteindre son pédantisme.

Il reste deux parties, mais l’opération charme est un succès.

 

De l’autre côté, on a une stratégie similaire de la part de DMX, qui se trouve cependant dans une position beaucoup moins confortable. Il est au plus bas, criblé de dettes, sans passeport ni permis de conduire pour travailler, pas plus capable de générer un quelconque buzz avec sa musique que de rester loin des manchettes des blogues à potins de seconde zone.

Tout ça commence maladroitement, avec Dr. Phil qui l’oblige à expliquer qu’il s’est invité sur son plateau pour que les gens «le voit sous son vrai jour». Le docteur, pas plus que moi, ne semble sûr que ses auditeurs soient aussi des potentiels acheteurs de disque de DMX («People advised you against coming here»). Donc même si cette entrevue est un succès de relations publiques, ça ne changera probablement rien pour sa carrière.

Mais évidemment que ça ne va bien aller. DMX ne saisit aucune des perches qu’on lui tend, refuse d’admettre ses erreurs et tend à accuser tout le monde autour de lui. Rapidement, ni l’auditeur, ni Dr. Phil ne comprennent ce qui est en train de se passer. Pourquoi le rappeur est-il à la télé? Que va-t-il gagner à raconter «sa version des faits» pour des causes qui ont été jugées et pour lesquels il a purgé sa peine? En quoi est-ce supposé le rendre sympathique, surtout aux yeux d’un public qui se tourne justement vers ce genre d’émission pour voir du repentis, de l’auto-flagellation et de la rédemption.

DMX est tellement perdu qu’il est le seul à ne pas comprendre que son entreprise de réhabilitation vire au désastre.

«So, how is this interview going so far?»

«Hum… I’m hungry.»

Pauvre gars…

Via Atrilli et Yourmusicfix

 

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