DWNLD: Un mixtape nommé piu piu

15 Novembre 2011 / par

En exclusivité mondiale, 10KILOS.US, Artbeat Montréal et Music is my sanctuary présentent la première compilation à être dédiée à 100 % au Piu Piu.

Le «Piu Piu» existe comme nom depuis la deuxième édition d’ArtBeat Montréal, une soirée de rencontre/jam de producteurs de Montréal/de Québec qui habitent à Montréal (PS. Le prochain ArtBeat Montréal se tient le 17 novembre prochain). C’est à Vlooper, beatmaker affilié au collectif Tout’nou et partenaire de crime d’Alaclair Ensemble que revient la paternité historique du terme, en prononçant le désormais célèbre: «Hello, my name is Vlooper, and I’ll play some Piu Piu music».

Avant qu’elle ait un nom, cette nouvelle génération d’artistes revendiquaient le shroom Bap, le post-rigodon, le rap expérimental. Call it what you want it, they are beats-holic.

On serait fou de ne pas voir le piu piu comme faisant partie de cette mouvance mondiale qui a mis les producteurs, pousseurs de pitons, arrangeurs de boucles à l’avant-plan: Los Angeles a Flying Lotus, la France a Onra, l’Angleterre a Star Slinger, l’Écosse a Hudson Mohawke.Et qui sait ce qui se trame en Australie, au Bélize, au Congo.

Mais le Québec n’est plus en reste.

Déjà le son de KenLo Craqnuque, le père spirituel du piu piu, a fait plusieurs fois le tour de la terre, sans drapeau ni méta-étiquette. Maintenant, le piu piu, véritable appellation d’origine contrôlée, va servir de phare pour identifier et authentifier le travail de dizaines de producteurs d’ici qui font de la musique de calibre international.

Le piu piu s’inscrit déjà de manière historique dans la musique québécoise. D’une part, on a affaire à ce qui est probablement le premier courant de musique électronique à provenir de la francophonie québécoise. Bien sûr, il y a eu Mistress Barbara et Tiga, qui parlent français, Champion, dont le succès au Québec demeure un mystère pour le reste de l’humanité, et Poirier, qui est son propre mouvement. Mais on ne peut pas dire que le Québec francophone a contribué de manière significative à la culture de la musique électronique. C’est appelé à changer avec le piu piu. Mais encore faut-il que ses artistes aient les ressources pour être connus et valorisés par les institutions médiatiques francophones locales. Quand on pense que Olivier Robillard-Laveaux, Claude Deschênes, Sylvain Cormier et Sébastien Diaz trônent au sommet de la chaîne alimentaire des découvertes musicales pour une majorité de Québécois, il ne faut pas s’étonner que les artistes hors-rock s’exportent hors-Québec.

Or, ici on a une belle occasion de corriger le tir, de réhabiliter la culture électronique auprès d’un public plus grand. Car le piu piu est infusé de la particularité culturelle et linguistique du Québec. Les artistes du piu piu ne sont pas à proprement parlé «engagés», ou «politisés». Pas au sens de Gilles Vigneault ou de Claude Léveillé, en tout cas. Ils sont à l’image de notre époque post-référendaire, où les enjeux de langue et de culture québécoise ne s’articulent plus de la même manière qu’en 1960. Ils font partie du même Québec que celui d’Arcade Fire, de la controverse linguistique autour de l’Aut’ St-Jean et des problèmes intestins du Bloc Québécois et du PQ. Ainsi, dans un Art Beat, vous entendrez parler créole, français, anglais et franglais. Mais ne vous surprenez pas si vous reconnaissez le «Sauf une fois au chalet» ou Charles Tisseyre sur la compilation: les références, la culture d’origine, elles sont résolument québécoises.

Cette compilation se veut un «best of», choisi par Lexis (dont on cautionne 100 % de ses choix), destiné à donner un panorama des productions et producteurs qui, en novembre 2011, représentent le meilleur du piu piu. C’est un regroupement d’artistes aux influences et styles hétérogènes, mais qui partagent la même conception de ce que devrait être la musique québécoise contemporaine: De nature absolument et indubitablement montréalaise/québécoise, mais branchée sur le restant du monde, loin des immondices médiocres et surranés qui reçoivent Félix sur Félix.

Un mixtape nommé Piu Piu (Présenté par MIMS, Artbeat & 10KILOS.US) by 10kilos.us

MEDIAFIRE DOWNLOAD:
http://www.mediafire.com/?9dddva5r6zybq4m

TRACKLIST
01. Intro – 1m36s d’extase (Presque Gratis)
02. Kenlo Craqnuques – Jeudi
03. Tout’Nou – Heyes
04. Qwerty Musique – Moonglass
05. Alaclair Ensemble – Colibris
06. VLooper – EncoreWat
07. Kaytradamus – New Seizures
08. Musoni – #Team la patrie!
09. The Incubator – Re:Us
10. High-Klassified – Snap
11. Toast Dawg – Wait a Minute
12. Sikh Knowledge – ?
13. Shash’U – ?
14. Smilé – Retro
15. Jam – Fermez pas vos yeux
16. Bueller – Aquarelle R&B
17. Noo-Bap – Mellow
18. Dr. Mad – Après Shampooing
19. ChrisRT – Vibbin’
20. Vnce – Chocolat Kush
21. Mark the Magnanimous – Aba
22. Sevee – Makeitfunkynow
23. Phil Sparkz – Bad
24. Outro – Staff Roll

4 Commentaires

  1. Aïsha says:

    j’suis stocked.

  2. Felix Antoine says:

    LKB : C’est Tiga, pas Tyga.

  3. Felix Antoine says:

    Bien content que vous sentiez tout ça comme un nouveau genre, et que vous vous y sentiez bien représenté.
    Perso, j’ai juste l’impression de ré-entendre la vague Prefuse et cie.

5 Trackbacks

  1. [...] – Il se fait de la musique incroyable à Montréal, ceux qui connaissent Clams Casino,  Hudson Mohawke et autres Star Slinger doivent se garrocher chez http://www.10Kilos.us pour se procurer le mixtape de Piu Piu, compilé par DJ Lexis, un géant de la scène Montréalaise que vous trouverez chez lui sur http://www.musicismysanctuary.com/. Le Piu Piu est un style musical inventé par des gens d’ici pour des gens de partout. Je ne l’ai pas encore écouté au complet, mais mon rapide survol m’a laissé un goût magnifique dans les oreilles! Voici le lien : http://10kilos.us/dwnld-un-mixtape-nomme-piu-piu-7218.html [...]

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  5. [...] ———————————————– Piu Piu – 24 janvier / 28 février Influencé par la bass music et le hip-hop/électro californien – cette soirée mensuelle initiée à Québec par les gars d’Alaclair Ensemble fait vibrer le sous-sol du Cercle depuis décembre. Les soirées Piu Piu (sobriquet adopté par la scène de faiseux de beat québécois) rassemblent beaucoup la communauté qui fait innover la musique underground au Québec. Des artistes tels que Vlooper, Kaytradamus, KenLo, Maxime Robin et SevDee présentent un hip-hop expérimental, instrumental ou pas, dans la langue de leur choix. Les porteurs de flambeau à Québec font exploser ces soirées où le rythme est roi et le top40 n’a pas sa place ! Un exemple / Un mixtape [...]

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