IceWear Vezzo, le vrai lion de Détroit (profil)

13 Janvier 2014 / par

Dans Husltle & Flow, TJay (joué par Terrence Howard), finit sur une note douce amère: ses rêves et sa confiance ont été trahis et il entre au pénitencier pour plusieurs mois. Mais en passant la première fouille, un des gardiens l’apostrophe et lui demande s’il est le Tjay dont le hit domine les radios locales de Memphis.

Au milieu d’une stratégie hyperproductive de mixtapes promo menant à des albums en ligne, couplé à des trailers de featurings à voir le jour (#lol) IceWear Vezzo a été envoyé à l’ombre vers les milieu de l’hiver 2013. Quand il ressort au début juin, Détroit a fait de Money Phone son hymne estival, propulsant son interprète au statut (temporaire) de roi de la ville. Un concert triomphant l’attend au St-Andrew Hall, ainsi qu’une place au Summer Jam, présidé par Young Jeezy. D’ailleurs, en signant récemment les DoughBoyz Cashout sur son label, CTE, le MC d’Atlanta confirmait la solidité des liens qui l’unissent avec MoTown, hérités de l’étroite collaboration qu’il a entretenu avec Big Meech, le magnat du trafic de cocaïne, dont les racines de son BMF sont ancrées profondément dans son Michigan natal.

Icewear et ses Green Guyz confirment leur domination de la ville avec Clarity 2. Dangling devient vite l’extrait qui domine le spectre sonique de la ville, et sera gracié d’un remarquable vidéo, qui met en scène de manière extensive une des plus belles créations de l’humain, la Rolls Royce.

Victime du buzz? Puni pour son manque d’opportunisme ? Comme il arrive trop souvent dans la stratégie flouée d’apprentis artistes, le projet conclusif d’Icewear fait moins bien que les étapes préparatoires. Ainsi, The city is mine, lancé pendant Noël, ne décolle pas. Pourtant, Grade A, le premier extrait, portait son potentiel.

Parmi les grandes scènes locales américaines, Détroit a été une des très tranquilles en 2013, et ce malgré un bon contingent de porte-paroles à l’échelle nationale (Big Sean, Eminem, Danny Brown). Brown, le plus lucide du groupe, avait d’ailleurs fait remarquer cet étrange phénomène de désaffiliation des rappeurs avec Detroit, pointant directement Big Sean. D’ailleurs, le  ’hood le lui rend bien, puisque Brown affirme que plusieurs ne considère pas le rappeur de GOOD Music comme un «local», et qu’il n’est pas nécessairement bienvenu partout. Cette affirmation a mené à quelques échanges sur Twitter: à un fan qui demandait à l’Admiral Adderall qui était selon lui le «king de la ville», Brown a préféré la modestie (et le boost de street cred), en répondant avec le vidéo de «Money Phone».

PS: Ça c’est le genre de vidéo que j’adore, tout en étant conscient qu’il donne des munitions incroyables à ceux qui voudraient voir disparaître le rap. Si même moi je trouve ça difficile de ne pas grincer des dents en voyant des trafiquants de drogues glorifiant leurs avoirs et leur choix de vie, invités pour «pepper» des jeunes du secondaires, j’imagine que le directeur a dû se le faire dire aussi. Sans doute pas en fait, et c’est ce qui le plus triste.

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