Lakutis, le bum de bonne famille à la canine dorée (tlchrgmnt)

26 Mars 2014 / par

Ça fait bien un bon mois que j’ai pompé ce 3 seashells, le dernier projet d’Aleksey Weintraub, aka Lakutis, et j’y reviens beaucoup plus souvent que je pensais. Ses petites phrases rimées, livrées sourire en coin sur des boucles le plus souvent simplissimes, sont une alternative apaisante à la surdose de sirènes, basses menaçantes et hymnes triomphants qui peuplent autrement mon iPhone.

Le New Yorkais est dans notre collimateur depuis I’m in the forest EP, une introduction audacieuse à son personnage de salaud lettré. La compilation mettait largement à contribution le trio de bums de bonne famille Das Racist, notamment sur l’énergique I’m better than everybody.

Deux ans ont passé, Das Racist sont officiellement séparés, mais Lakutis est toujours en avant de la courbe. Quand il n’est pas sur propre voie.  Je ne serais pas surpris d’apprendre que le rap n’est qu’une des mamelles auxquelles il s’est abreuvé créativement. Il a assurément emprunté au hardcore sa présence physique, l’esthétique «crue» et sa façon de japper ses lignes. Plus généralement, il ne s’en fait pas trop avec les frontières stylistique, ne devant aucune allégeance particulière aux canons du rap. Il ne faudrait pas en déduire pour autant qu’il faut faire un effort pour apprécier ses prouesses vocales: il a un flow simple et sympathique qui transpire le boom bap new yorkais des années 90, le standard de ce que c’est «du rap» pour le commun des mortels. Accordé, il faut parfois un peu travailler pour suivre ses intentions, mais c’est la rançon d’avoir des trublions qui mènent leur barque en solo.

Car, dans l’ensemble, Lakutis ne se trompe pas trop souvent, ayant intelligemment choisi de ne présenter qu’un petit nombre de morceaux pertinents qui s’arrêtent lorsque l’auteur est arrivé au bout de son idée. «3 seashells» ne sonne comme rien d’autres sorti cette année, et possède le punch et l’efficacité qui nous permet d’y revenir souvent.

À considérer en premier: Animal, Too ill for the law et Body scream.


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