Le Chicago Boppin’, la connexion caribéenne de Chiraq (profil)

10 Décembre 2013 / par

Le DLow Shuffle, baptisé selon son créateur, est une variation particulièrement bien présentée et mise en marché du Boppin’, qui a fait danser Chicago tout l’été. DLow, avec son accolyte Lil’ Kemo, forment les BopKingz, les leaders incontestés d’un mouvement chorégraphique qui suit et appuie la trajectoire stellaire du rap de Chicago. Est-ce que la poussée du vidéo-danse-chanson fort efficace du Shuffle réussira a amener la folie au-delà des frontières de l’Illinois?

Pitchfork publiait à la fin août un guide d’introduction au phénomène du Bop, écrit par Meaghan Garvey aka MoneyWorth, connue pour ses activités artistiques originales, mais qui a particulièrement bien réussi son virage vers le journalisme rap en 2013. Native de Chicago, elle était bien placée pour constater l’éclosion, puis la propagation de quartiers en quartiers de cette façon de bouger tout aussi cinglée, changeante et étrange que la musique que pompe Chiraq sur internet depuis quelques années.

Chicago a une histoire de danse populaire particulièrement fournie. Les communautés noires/gaies ont donné naissance au footwork/juke, lui-même basé sur la matrice motricielle de la house, le Jack. Sans être un expert, je me fie à ce que j’en ai lu et le  bop est un peu l’héritier de cette famille de mouvements, auquel on aurait ajouté des influences de la côte Ouest et une dose d’agressivité et de folie, reflet de l’état des choses dans les quartiers sud et ouest de la ville.

On peut bopper sur tous les tempos et tous les genres, musique électronique, trap du Sud et rnb inclus. Mais la tendance dominante est de choisir un morceau d’un artiste du 312. La ligne est toujours floue entre les «mouvements» en musique et en danse, qui se créent en parallèle, se croisent, s’inter-influencent. Mais comme cela se produit souvent, la danse a progressivement généré une production musicale taillée sur-mesure à la pratique du boppin’, qui est en retour devenu un #mot-clé et une façon de décrire la musique. Pris avec du recul, il y a plusieurs artistes, qui ont pris leur vitesse de croisière pendant le pinnacle du boppin’ qui peuvent être rapprochés: Stunt Taylor, Sicko Mobb, The Guys, Lil Chris seraient difficilement dissociables du boppin’ tellement leurs morceaux ont été utilisés comme trame pour les vidéo Youtube des danseurs et danseuses.

Ce courant parti du drill a la particularité d’être beaucoup plus up-tempo, plus joyeux et moins menaçant, réagissant à l’adversité de l’environnement en utilisant une autre stratégie que le nihilisme de fin du monde, misant plutôt sur un détachement par la célébration sans fin et sans soucis. Il s’y en dégage un air carnavalesque, qui (r)établit un pont entre les cultures caribéennes et africaines et celles des centres urbains américains. Fiesta, ou Fe Fe, le nom donné aux fêtes et autres block party dans la mythologie bop, semble un indice supplémentaire qui pointe vers une influence des cultures sud américaines sur le boppin’. C’est une connexion qui n’est pas complètement surprenante, mais qui est rarement célébrée aussi objectivement de nos jours.

 

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2 Commentaires

  1. kid b says:

    le Dlow c’est du coupé décalé en vrais

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