Les fantômes reviennent: NikkFurie (La Caution) a lancé un album instrumental (stream)

27 Juin 2014 / par

Les fantômes du rap français semblent avoir repassé leurs draps pour un nouveau tour de piste. Orgasmik et Fuzati se sont retrouvés sur Le Grand Siècle, Metek a osé un premier album remarquable, ce documentaire sur «l’autre» rap français paraissait il y quelques semaines et, début juin, la moitié de La Caution, l’iconoclaste beatmaker NikkFurie, faisait paraître «Ghost Company», 23 compositions instrumentales inédites.

Composées à temps perdu, sur l’inspiration du moment, et avec les moyens du bord, ces chansons couvrent cinq ans de la vie créative, de 1996 à 2001, soit la période ayant mené à la sortie du premier album du duo, Asphalte hurlante (2001).

Rappel de circonstance pour les plus jeunes: La Caution sont des contemporains de l’«autre» âge d’or du rap français post-IAM et NTM, avec en tête les TTC, Svinkels, James Delleck, Klub des loosers, le collectif vidéo Kourtajmé, etc. Partageant le même désir de faire éclater les limites du genre, ils se tournèrent vers différentes avenues pour y parvenir, comme le détournement vers le rock et le punk, l’intégration des codes de la musique du club, l’inspiration de courants américains, comme l’«abstract» rap de Cannibal Ox et Antipop Consortium ou le rap ostentatoire de Dipset. De fait, ils collaboreront fréquemment ensemble, dans des séssions de «freestyle» à la radio, en s’échangeant des featurings et sur des projets complets, comme le Klub des 7 et L’armée des 12.

Outre Asphalte Hurlante, La Caution a deux autres albums officiels à son actif, Peines de maures et Arc-en-ciel pour daltonien, ainsi qu’un EP, Crash Test, et un album de leurs chansons reprises/remix par d’autres rappeurs et producteurs, «Des gens revisitent La Caution».

Ce «Ghost Company», annoncé/attendu depuis plus de 12 ans, montre la fulgurante vision que Nikkfurie possédait/possède par rapport aux croisements des musiques «électriques». Si on exclut quelques réminiscences de l’ère oubliable du «big beat», l’ensemble s’intercale sans heurts avec ce que les blogues recrachent quotidiennement de «nouvelles» musiques. Essayez de mettre un âge sur «Felt» ou «Does he really shit in the woods», pour comprendre ce que je veux dire…

La chose s’achète dans les iTunes, mais Libération a l’album en stream complet et gratuit.

Un Commentaire

  1. dinatural says:

    Les Cautionneurs seront tjrs les pères du rap “électro” français.

    https://www.youtube.com/watch?v=l6bbnNLP9QI

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