Lil Pain pleure en public, avec des du-rags très #rare (tlchrgmnt)

9 Janvier 2014 / par

Ça doit exister depuis le début des temps qu’une même idée naissent au même moment, dans la tête de deux personnes qui ne se connaissent pas. L’internet a juste rendu le phénomène d’intelligence collective plus facile à identifier et retracer. Quand ça se produit en musique, il y aura inévitablement des gens qui y verront un signe, un genre et un #hashtag.

C’est à peu près ce qui est arrivé pour le #sadrap, revendiqué en même temps par la Suède et Brooklyn, puis répertorié et amalgamé par une presse spécialisé comme un «courant» marketable. La logique commune aurait voulu que Yung Lean et Lil Pain se confrontent en beef et attaques sur qui ressemblait le plus à qui  (Future VS Drake, Future VS Rich Homie Quan), mais non, ça ne s’est pas passé. Et les gens ont passé à autres choses.

Dans la plus pure tradition du héros romantique, c’est trois mois après que tout le monde ait oublié cet épisode musical que Little Pain lâche sa mixtape. L’abonnement au malheur est presque aussi difficile à résilier que celui au Nautilus.

Pourtant, le déprimé chronique a plusieurs bonnes chansons en réserve pour ceux qui ne s’attachent pas trop à la pluie et au beau temps de l’internet des listes. La vulnérabilité est une tendance qui est loin d’être morte dans le rap contemporain (c’est pas mal la ligne directrice de Nothing was the same, Earl, Future, Kevin Gates, Starlito, qui ont tous eu une année phénoménale) et Little Pain en a plein son panier. Il apparaît ici comme une sorte de Tyler, The Creator sans l’homophobie,  les jokes de pet et les épisodes maniaques. Il ont le même humour noir et la même auto-dérision qui permettent les affirmations les plus morbides sans ennuyer l’auditeur. Tout y passe: le manque d’argent, d’amour, de succès, mais quand Pain se paye un hommage larmoyant à feu Big Pain, son chien, comme s’il enterrait un homie tombé sous les balles, on sent la douleur, mais on réussit à en rire aussi.

On raconte souvent qu’il y a un effet thérapeutique à poser ses problèmes sur papier, et à les convertir en force positive. Mais il ne faudrait surtout pas négliger que c’est fort bénéfique à entendre pour les bien-portants pour a) relativiser ses malheurs b) s’amuser dans le respect des réflexions et aventures des malades, qui, soyons francs, sont souvent hilarantes.

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