Nos goons préférés de l’internet rassemblés au Underworld dimanche prochain (show)

15 Avril 2014 / par

À la fin de l’automne dernier, j’ai passé une semaine dans un petit village inuit au milieu de la Baie d’Hudson. Vu que le soleil se couchait vers 14h30, qu’il y a de l’alcool nul part, ça laissait pas mal de temps pour s’inventer des choses à faire, rencontrer des gens et parler en long et en large.

Un moment donné en me promenant, je suis tombé sur une bande de 6-7 gamins qui devaient avoir entre 8 et 12 ans et qui trappaient le renard. La trappe, pour les jeunes, ça reste un des seuls moyens de faire du bon cash rapidement. Les prix qu’ils obtiennent dépendent s’ils ont trappé de la brune ou de la blanche (la blanche est plus chère, évidemment).

Bref, je les ai suivis (pour l’histoire: aucun des pièges n’avait mordu) pendant quelques heures, en jasant de tout et de rien. Déformation professionnelle oblige, quand j’ai vu que le plus vieux avait son iPod avec lui, je lui ai demandé si je pouvais regarder ce qu’il y avait dessus. Sans surprise, c’était plein de rap. Je lui ai donc demandé quels étaient ses artistes préférés. Sans hésiter et sans prendre son souffle, il m’a débité: «2-Chainz-Tupac-Eminem-50 Cent-J Crown».

Moi: «Hein, qui? J.Cole?»

Lui: «No, J Crown. He’s a rapper from Montreal, he’s the best. You don’t know him?».

De toutes les choses que je pensais qui allait m’arriver dans le Nord, je n’avais pas prévu me faire schooler sur le rap montréalais par un gamin.

***

Le lendemain, je suis allé visiter l’école du village. Et dans le corridor, je suis tombé sur ça:

Il y a de fortes chances que ce soit l’oeuvre d’un des enfants avec qui j’étais la veille, mais quand même: de toutes les célébrités/acteurs/musiciens imaginables, c’est J Crown qu’il avait décidé de mettre en vedette sur une fiche auto-descriptive.

Quand je suis revenu, j’ai fait mes devoirs: J Crown est un jeune adepte de tatouage moitié anglais-moitié trinidadien, qui fait partie d’un groupe qui s’appelle North East Movement, aussi connu sous son acronyme peu subtil.

C’est du gangbangin’ rap boosté à la protéine et à la testostérone, avec plus de volonté que de talent. Pas mauvais, mais qui n’a rien de très remarquable non plus. La plus grande particularité, outre le stylisme à la SwaggMan de Crown, est sans doute le profil ethnique de Stallion et Anju, dont l’accent et les références «aux tigres» laissent penser qu’ils font partie des rares représentants rap de la communauté sri lankaise de Montréal.

***

Ils seront de la programmation montée par 15-23.com pour le spectacle célébrant 4/20 dimanche prochain au Cabaret Underworld. C’est un sérieux casse-tête que de gérer un événement avec des rappeurs qui vivent essentiellement sur internet et qui ne se produisent que très rarement. Mais Freak Stewart, designer et entrepreneur, a l’habitude: il gagne sa vie en produisant des pochettes pour 108% du rap québécois.

Je serai personnellement curieux de voir comment se débrouille Fanfan sur une scène, et s’il a d’autres morceaux aussi magiques (ABRACADABRA!) que «Trop de hate». Mais la pièce de résistance de la soirée est sans l’ombre d’un doute Jackboy et sa cour (Percy Jones, Key Bandz, et Ryder, s’il est libéré d’ici là.) À ce point-ci, aller au Underworld dimanche demeure la seule manière de vérifier si Respecte le jack vol.1 va sortir de mon vivant. #vaporrap

 

TAGS

                           

LAISSE UN MESSAGE

Votre adresse courriel n'est jamais publié. Les champs obligatoires sont marqués *

*
*