Ola Playa, le rappeur qui a présenté Young Thug à Gucci Mane (profil)

30 Avril 2014 / par

En musique, personne n’arrive seul au sommet. Nul autre genre que le rap met autant d’emphase à souligner l’apport de l’entourage dans un succès individuel. Pour les auditeurs, ça se traduit souvent par des collaborations vaseuses entre l’artiste que l’on supporte et ses amis/supérieurs hiérarchiques/créditeurs, qui viennent diluer un catalogue et confondre le fan sur le génie de son coup de coeur.

Il fut un temps où seuls les livrets de CD et les magazines spécialisés racontaient une partie de l’histoire de l’ascension d’un rappeur. Avec internet et un peu de curiosité, il est possible d’avoir le pedigree de l’entourage d’a peu près n’importe qui.

L’arrivée de Young Thug et de Future sous les feux de la rampe a fait apparaître les réseaux qui unissent cette nouvelle scène georgienne. Des gars qui traînaient tous ensembles bien avant que quiconque ne pense à vivre du rap, de Casino, à Young Scooter, Bloody Jay, Lil’ Silk, Peewee Longway, et, notre, sujet d’aujourd’hui, Ola Playa.

Playa aka King Slime est quelques années plus vieux que Thugga. Il porte sur la joue droite le «ABG», tatoué en rouge, marque du label fondé par Major Grams, duquel fait aussi partie Bloody Jay, avec qui Thugga a fait «Black Portland», mixtape fort bien reçue et qui a lancé Young Thug à l’échelle nationale. C’est aussi Ola Playa qui aurait présenté Young Thug à Gucci Mane, pendant une session d’enregistrement payée par Rocko (le boss de A1 Records, sous lequel les deux albums de Future sont sortis, et qui a avalé ABG quand Grams s’est fait incarcérer).

Peut-être inspiré par le momentum que ces amis obtiennent sur les internets, Ola a lancé Slime Season, sa première tape, au début mars. Bloody Jay et Thugga y sont omniprésents, crédités indifféremment sous leur nom, «Black Portland» ou «YSL» (Young Slime Life) , un aka utilisé par Thugga sur deux chansons. Compte tenu du mode de production de ces artistes, pour qui la propriété de la musique est le dernier de leurs soucis, on peut tomber sur des morceaux extraordinaires en explorant le catalogue de leurs associés. En ce sens, Slime Season est le chaînon manquant entre 1017 Thug, «Danny Glover» et Young Thugga Mane Leflare.

L’ensemble est, à ce jour, dans le tiers supérieur des sorties de 2014, notamment grâce à la performance de Ola. S’il n’a pas l’étoffe d’un joueur-étoile, il maintient un niveau très décent au cours des 18 morceaux, où viennent briller périodiquement ses invités. Le premier coup de coeur survient à la cinquième chanson, avec «Every nigga around», sur lequel Jay fait ce qu’il fait de mieux: beugler avec émotion. Gangsta Cody est une découverte pour moi sur ce tape: il brûle avec aisance ces deux apparitions (Cut Throat et Ride). Mais surtout, «Don’t move» et «All kinda drugs» sont parmi les meilleurs verses à ce jour de Young Thug.

 

 

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