Piff Gang, le désespérant destin de faire du rap avec un accent british (tlchrgmnt)

5 Décembre 2013 / par

Si vous pensez que c’est difficile pour un rappeur canadien anglophone de percer, parlez-en aux Anglais. Non seulement ils sont plus nombreux, donc statistiquement plus enclins, ils ont en plus conquis à peu près tous les genres musicaux à un point ou à un autre des 60 dernières années. Exception faite de Dizzee Rascalz et Mike Skinner (qui sont entrés aux USA dans un véhicule hybride rap/edm/pop #rapgametesla), les États-Unis demeurent une terre inaccessible pour le vieux-monde anglophone.

Il serait présomptueux de dire que Piff Gang a la bonne clé pour débarrer la ceinture de chasteté américaine, mais ils ont le mérite de faire un vrai essai. Participant au #zeitgeist noir et enfumé de la scène indépendante nord-américaine, ils y apportent une personnalité qui ne se résume pas à un accent cockney, du nouveau slang et une marque différente de bucket hat.

Ils possèdent l’avantage de provenir de la culture qui a pratiquement inventé l’univers sonore qui inspire aujourd’hui rappeurs et crooners post-mdma rap: empruntant tant aux «samples pack» de hip hop/soul classique qu’à ceux associés aux plancher de danse, filtrés et ralentis; alternant entre blunts, codéine, drogues de synthèse; déprime cynique et moments d’hédonisme psychotrope. Ça donne des productions aux techniques et référents familiers, mais orchestré par des gens ayant une compréhension presque innée de ces univers. Osirus, Fuck Shit, Coin et Goodbye sont particulièrement piffy.

Fader supporte PIZZY, leur cinquième mixtape officielle, et on serait fou de dire qu’ils n’ont pas raison:

 TLCHRGMNT: PIFF GANG – PIZZY

TAGS

      

LAISSE UN MESSAGE

Votre adresse courriel n'est jamais publié. Les champs obligatoires sont marqués *

*
*