Profil: JMSN

12 Juin 2012 / par

Une des obsessions du blogueur musical à l’ère post-magazine/hebdo culturel, c’est la nouveauté. Alors qu’il y a 5 ans, le modèle d’affaires du média spécialisé en musique consistait surtout à donner une note moyenne à tous les artistes qui décidaient d’envoyer des copies CD dans les salles de presse, le nouveau critique se doit de courir les sources, éliminer les références les moins utiles de son fil, optimisé constamment son fil RSS. De relayeurs, les nouveaux journalistes web sont devenus un hybride entre un agent d’A & R (pas surprenant que ça soit suite à leur travail que de nombreux artistes se sont trouvés une niche dans une maison de disque) et une PME.

Plusieurs points de comparaisons sont possible pour déterminer ce qui est «nouveau» ou pas. Les plus prestigieux pour ce blogue demeure cependant Fader et Pitchfork, qui se trouve à mi-chemin entre l’under-underground (dont 10kilos.US fait partie) et le cahier weekend de La Presse.

Bref, c’est toujours un honneur et un plaisir de vous présenter ici des artistes comme JMSN dont le nom n’apparaît dans les moteurs de recherche de ni l’un ni l’autre de nos sites-références. Surtout quand il rock un carré rouge sur sa pochette d’album.

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JMSN aka Christian TV aka Christian Berishaj (pour sa mère) est un artiste de la grande région de Détroit au parcours inédit. Son début de parcours n’a rien de très invitant. À 18 ans il fait de la power pop sous le nom de Love Arcade. Très 2006 «je finis mon secondaire» comme musique, mais pas nécessairement mauvais, si remis dans son contexte… Ils ont fait la «cut» pour une des trames sonores d’une des franchise d’American Pie, ça dit un peu tout.

La période qui suit n’est pas super glorieuse non plus. Il devient «Christian TV» (quel poche nom) et signe un semi-succès avec ça:

Ça l’amène en mini-tournée avec les Backstreet Boys et sur la scène de So you think you can dance.  Et là, revirement du hasard, il se trempe le doigt dans la potion du bon, et se met au r ‘n b post-apocalyptique. En 6 mois, il devient JMSN (à prononcer comme le whisky du même nom) et enregistre Priscilla, sur lequel il compose, arrange et chante. Il réalise aussi tous ces vidéos.

Comme il l’a démontré dans les genres précédents dans lequel il s’est essayé, JMSN a une très bonne oreille et un compréhension immédiate des codes et limites du genre dans lequel il s’inscrit.  Priscilla ne réinvente rien, surfe sur une vague à la limite, sans toutefois être redondant par rapport aux canons établis.

Sans label, sans support médiatique autre que Youtube, Priscilla et les singles (ci-bas) ont raisonnés, se rendant même jusqu’aux oreilles de Usher. Une collabo avec Ludacris serait aussi dans les airs.


Il est aussi la seule personne à avoir partagé une scène avec les Backstreet Boys et le rappeur Boldy James.

JMSN – Jameson

Priscilla est à ranger pas trop loin de The Weeknd et Just Jack, c’est vrai. Mais ce serait beaucoup trop réducteur de le qualifier simplement de copieur. Il a un côté plus pop, romantique, moins «gèles-toi que je te fourre» là où Abel est profondément r ‘n b, désillusionné et dépravé. À bon entendeur, salut !

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