Récapitulatif 10KILOS.US: SXSW en 14 pour et 8 contre (marathon)

18 Mars 2014 / par

Un bleuet dans une talle de cerise. C’est comme ça que Billy, notre dernier chauffeur de taxi, résumait le climat politique entre Austin et le reste des Hillbillies (ses mots) du Lone Star State. Les décibels et le houblon n’incitait pas trop aux rallys politiques, mais il se jouait au Texas pendant SXSW une course inhabituellement chaude entre Démocrate et Républicain pour remplacer le gouverneur Rick Perry. C’est que pour une rare fois, les démocrates comptent sur une candidate, Wendy Davis  qui a atteint le statut de rock star plus tôt cette année en «filibustant» pendant 11 h une loi qui aurait restreint le droit à l’avortement.

C’est sur 6th Street Est, un quartier un peu louche, mais qui s’embourgeoise à une vitesse fulgurante, que les Démocrates de Austin ont leur bureau. Devant des tables remplies de collants, d’affiches, de macarons, un jeune bénévole essayait, poliment et patiemment, d’attirer l’attention des passants. Discuter politique pendant 10 minutes avec lui fut un moment fort de mon SXSW. En voici d’autres:

- Les délicieux bloody ceasars aux cornichons offerts par Airbnb.

- Les Américaines qui ont débarqué de leur auto en plein milieu de la circulation de fin de soirée pour brasser leurs grosses fesses.

- Les deux performances de Travis $cott, aussi à l’aise devant 400 que 2000 personnes.

- Converse, qui en s’associant avec Fader et Trasher, a offert deux des meilleures installations de jour de SXSW.

- Kevin Gates, qui a complètement changé le tempo du showcase Southern Hospitality en 2 chansons.

- Alpoko Don, qui a fait son mélange de rap et de blues en toute humilité, presque caché derrière son DJ.

- Future Brown (le super-groupe de Fatima Al Qadiri, Nguzunguzu, J-Cush), de qui j’attendais une performance live avec MC, mais qui ont plutôt fait un DJ set à la fois efficace et inattendu.

- La gang de YG qui attaque un autre SUV en lui lançant du ketchup, des milkshakes et autres liquides à la sortie du showcase d’A-Trak.

- Yung Nation et Audio Push, dont les prestations énergiques m’ont fait promettre de m’intéresser à leur carrière respective.

- La domination des artistes de la Côte ouest américaine/les chansons produites par Dj Mustard, qui étaient omniprésents, même au pays des cowboys.

- Rome Fortune qui débute son set en rappant sur «At All», du jeune Kay.

- Lil Wayne, qui en entrevue, se moque de ceux qui l’accuse de ne plus faire que du «pussy rap». «What do you want me to rap about? The “world”?».

- Notre showcase avec M pour Montréal. Pendant le set de Lunice, un gars de Milwaukee m’a dit qu’il voulait déménager à Montréal.

- Le 2 minutes de silence pour les victimes du délit de fuite, observé religieusement par une foule pourtant dévergondée jusque-là.

SXSFAILz

- Young Thug, qui a un répertoire pourtant large, mais qui s’es borné à jouer Danny Glover et Stoner partout où je l’ai vu.

- Tyler, The Creator qui incite les gens à défoncer les clôtures pendant un de ses shows, le lendemain où des dizaines de personnes qui attendaient en ligne pour le voir ont été blessées.

- Boiler Room, qui, pour une deuxième année de suite, a fait rager un artiste avec la qualité du son. L’an dernier c’était Mount Kimbie, samedi c’était Future, qui n’a pu compléter un seul couplet et qui est parti en trombe en laissant tomber son micro.

- OG Ron C, qui n’a mis aucun C&S pendant son set, et qui a fait mixer ses lean carriers le 3/4 du temps.

- Mike Will, qui est tombé bien bas en très peu de temps. J’aime penser qu’il y a lien avec son association avec #BEENTRILL, le cul-de-sac de la créativité.

- Les aspirants rappeurs, qui pullulaient, grattant chaque seconde d’attention qu’ils pouvaient de n’importe qui. Leur désespoir rendait impossible d’avoir une période de question pendant les conférences. Le rap me semble de moins en moins une culture du «self-made man» et de plus en plus une de vendeurs de balayeuse, où c’est le vendeur le plus tache qui pense qui a le plus de chance de réussir.

- Lil’ Boosie, qui n’a pu assister au party de Young Money à cause de ses conditions de probation.

- Nous, qui, pour la première fois en quatre ans, ne vous avons pas ramené de vidéo.

 

LAISSE UN MESSAGE

Votre adresse courriel n'est jamais publié. Les champs obligatoires sont marqués *

*
*