Rome Fortune, pimp de famille (profil)

6 Février 2014 / par

MÀJ: Beautiful Pimp II est parmi nous

 

Je me suis avancé en disant que Stu Hustlah avait la plus belle pochette de 2014, mais c’était sans compter sur Rome Fortune. S’il y a une chose que 2013 nous a appris, c’est que les palettes, c’est vraiment overratées. Rome Fortune rejoint un club très select (Danny Brown, Tommy Kruise, Alex Oveckin) des sex symbol édentés. Pour le MC d’Atlanta, ça a tout à voir avec ce qui sort de son mâche-patate. En chanson, il apparaît humain, charmant, de prétention modérée, avec une approche de gars qui n’a pas systématiquement le goût d’égorger des inconnus. Cette sympathie ne peut être que de la comédie, puisqu’il a réussi à regrouper autour de lui pour son excellent Beautiful Pimp quatre producteurs passablement occupés (Dj Spinz, C4, DunDeal, Childish Major), qui lui ont tous donné plusieurs beats un peu plus atypiques que ce qu’ils poussent à leurs clients habituels (Future, Rocko, Gucci Mane, Migos, etc.). Mais c’était parfait pour ce que Fortune voulait en faire:

Il prépare la sortie de Beautiful Pimp II depuis un bon moment déjà, avec une série d’extraits très différents les uns des autres, supérieurs ou égaux à ce qu’on retrouvait sur le premier tome.

D’abord avec ce 4 pistes, version sirop, prescrites par nul autre que Dr. OG Ron C. Je sais que c’est toujours apprécié par certains.

Le très british «Grind», samplé de Toro y moi/Les Sins par par FKi, le duo qui ne déçoit jamais.

C4 ici se prend pour A tribe called Red.

L’inquiétant Safety.

Et ici le papa de UOENO qui joue de l’archet.

Puis, tout juste hier, ça:

Bien souvent, les rappeurs qui choisissent le camp de la «différence» trouve un son, un flow, un univers. Une fois reconnu, il s’y blottisse et exploite leur «particularité» de long en large, jusqu’à ce qu’elle crée (dans le meilleur des cas) une norme à partir de laquelle les autres se positionneront. Ça donne souvent des artistes qui surprennent et intéressent de moins en moins au fur et à mesure qu’on apprend à les découvrir. Puis 5 ans après leur apogée, ils tentent pathétiquement de revenir en sortant des suites à des séries de mixtapes qui achève de tuer le bon souvenir qu’on en avait. Je ne m’avancerai en prédiction sur la capacité à marquer le temps du beautiful pimp, mais l’auditeur exigeant ne peut que saluer sa propension à surprendre à chacun de ses nouveaux coups.

On vous en reparlera assurément autour du 12 février, date de sortie officiel de Beautiful Pimp II.

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