Sean Leon, ni modeste ni trop lourd.

21 Mai 2014 / par

À défaut d’avoir les moyens de s’offrir des vidéos somptueux, Sean Leon, rappeur du 416, «ré-enregistre» la musique de ceux qui se moulent le mieux aux propos de ses morceaux. C’est aussi astucieux qu’économique, et quand c’est bien fait, la version «jackée» percute comme si l’originale n’avait jamais existé.

C’est à travers les deux extraits ci-haut que je suis entré dans le monde du rimeur de 23 ans, et j’ai tout de suite retrouvé la noirceur, le détachement et les ambiances minimalistes et étouffées de Lucki Eck$  (que je ne peux arrêter d’écouter). C’était plutôt bien parti.

En creusant plus profondément, on s’aperçoit vite que Leon est dans une trajectoire artistique beaucoup plus réfléchie, qui, ne le cachons pas, est bien pédante par moment. un exemple parmi tant d’autres: ce vidéo où il se désole que sa musique ne sera jamais appréciée à sa juste valeur parce que l’école préfère choisir  d’offrir des cours de mathématiques plutôt qu’un cours expliquant pourquoi Beats by Dre > enceintes de Macbook (ça a été enregistré avant l’annonce de l’acquisition de Beats par Apple. Difficile de savoir comment ça va influencer ses théories vaseuses sur l’éducation).

Donc oui, Sean Leon veut qu’on le prenne au sérieux, ce qui n’est pas qu’un défaut. Son premier album gratuit, Ninelevenne: The Tragedy, est ambitieux, tissé serré, minutieux. J’ai été dérouté à quelques reprises, oubliant que j’écoutais un projet d’un novice (notamment grâce aux interludes de cordes absorbantes).

Toujours indépendant, il faisait paraître au début de 2014 une suite, Narcissus: The Drowning of ego, qui s’ouvre sur la pièce-titre, une aventure  qui fait plus de 10 minutes (la dernière est consacrée à un solo de guitare). Pour la modestie, on repassera, mais, il faut lui donner, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Il faut dire qu’il a les moyens de ses ambitions, s’entourant de gens ayant prouvé leur mérite, nommément Jordan Evans et Matthew Burnett, des natifs de Toronto qui ont une feuille de route impressionnante, ayant à leur tableau de chasse «Not afraid», d’Eminem, «Pound Cake» du dernier Drake et pas mal de trucs faits en collaboration avec le troisième membre de leur trio officieux, un certain Boi-1da.

Si l’idée de voir des rappeurs en vrai vous plaît, sachez qu’il sera au TRH BAR jeudi dans le cadre d’un événement destiné entre autres à vendre un mode de vie qui s’incarne dans le port de linge. Dire qu’il fut un temps où s’habiller était un besoin primaire. #PFFFFFFFFFFFFFF

Manifeste-toi si tu veux une paire de billets gratuits pour ça.

 

 

2 Commentaires

  1. wow , fkn nice , est-ce ici que je peux gagner des tix ??”!!

    • lkb says:

      hey ! oui c’était ici et sur FB. Ils sont déjà gagné. Dsl et merci de l’intérêt (au pire cest juste 7$)

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