Siwak aux lèvres, Sameer Ahmad c-walk magnifiquement à travers les siècles et les cultures (clip)

8 Juin 2015 / par
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L’orgue et l’accordéon sont mes instruments préférés à vie pour la conception de beats de rap. En citant Madlib à Freddie Gibbs, je pourrais débattre toute la journée des vertus des instruments à vent qui possèdent un clavier, dont le caractère à la fois sacré et profane, solennel et païen, menaçant et apaisant, est plus souvent qu’autrement un pairage idéal avec les troubadours maudits et les bluesman en errance.

Je n’ai que des choses gentilles à dire à propos de Sameer Ahmad et de son sublime «Perdants Magnifiques», et ce choix de single ne va pas inverser la vapeur. Outre l’excellente composition qui sous-tend la chanson et pour laquelle j’ai un biais avoué, le refrain de «Siwack» incarne tout à fait ce qu’Ahmad fait le mieux:

«Et ça danse sous la pluie avec un petit pas de C-walk/Dans la bouche un bâton de siwak»

Un pied dans la culture ancestrale de ses ancêtres sumériens, un autre dans la culture rap contemporaine, il est assez savant et habile pour rapprocher ces deux mondes de manière inédite et personnelle, en les commentant au passage avec humeur et humour. C’est un réel bonheur de le voir tricoter l’intricotable, rafistoler des concepts, jouer avec les sens, les degrés et déconstruire une expression, un mot, un lieu commun, pour en faire ressortir ce qu’on ne voyait plus. Entre la leçon d’histoire et le carnet de rimes, quelque part entre Édouard Saïd, Sol et Roland Barthes, on ne se lasse pas de voir Ahmad perdre avec tant de panache.

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