TLCHRGMNT: Rap aléatoire Qc – Disco-Piu, Brise-Dance et Watat-Beat

26 Avril 2013 / par

C’est un travail prodigieux de l’archéologue musical Félix B. Desfossés et de son blogue Vente de Garage. Comme il le souligne lui-même, l’histoire du rap montréalais et québécois est un capharnaüm sans nom, où les rumeurs, impressions et fausses vérités sont les piliers chambralans d’une structure guère plus crédible.

Je ne pense pas qu’il revendique une couverture exhaustive des balbutiements de la scène locale, mais il commet assez de preuves pour nous obliger à revoir ce qui est généralement admis… Comme quoi MRF aurait été le premier groupe rap d’ici à écrire en français. Il y a aussi des découvertes cocasses, comme les contributions au genre par Denise Filiatrault, MC Mario et Manuel Tadros.

Un exercice absolument essentiel (dont je suis un peu jaloux. J’aurais aimé l’inclure dans notre série 28.8kilorap) qui montre la nécessité absolue que des historiens et musicologues se penchent sérieusement sur ce pan de l’histoire culturelle de la métropole.

TLCHRGMNT: Rap aléatoire Qc – Disco-Piu, Brise-Dance et Watat-Beat

Track list:

1 – Gotta take you higher – O’Bey & Rythym Section Montréal Rock (1983)
Possiblement la première tentative de hip-hop issue de la culture… notre Rapper’s delight?

2 – Wouch, wouch – Christian Lalancette (1980)
Disco-rap écrit par Denise Filiatrault interprété par André Montmorency, icône gay québécois, dans le rôle de son personnage Christian Lalancette de l’émission de télé Chez Denise.

3 – C’est bon ça – Rock & Guy (1980)
Aucune info sur ce duo, même la date est à confirmer. Outre le beat disco à la “Another one bites the dust”, y’a une tentative de rap au 2/3 de la chanson.

4 – Hi-Fi – JF Williams (1984)
Véritable identité de Bill, responsable du succès As-tu du feu (Beurre de peanut), en 1982, pionnier du rap d’ici, malgré tout. Hi-Fi est un rip-off de Doing it to death des JB’s, boogie funk tueur.

5 – Nite life – Peter King (1983)
Chanson thème d’une émission locale sur le Night life montréalais, Peter King était l’animateur. Son flow, s’il en est un, est wack. The night life scene can be really mean.

6 – Shake your pants (Break dance) – Johnny Shaka (1984)
Originaire du Ghana, Johnny Shaka arrive au Québec avec ses frères au milieu des années 70 et monte une troupe de musique et de danse. En 1984, il fait du break dance. Cette track est folle.

7 – Mon coeur fait du break dance – Wezo (1984)
Aucune info sur cet artiste qui lance ce 45 tours sur l’étiquette RV appartenant au gérant de Roch Voisine, Paul “Ti-Polo” Vincent.

8 – Break dance – Kevin Morane (1984)
Ce Belge a enregistré ce petit bijoux electro/boogie/funk en français et l’a commercialisé au Canada, en Belgique et en Allemagne. Ça valait la peine de l’inclure. Fresh.

9 – Monaco – Pogo (1984)
Aucune info sur ce groupe électro-pop-rap. 

10 – CKGM Demo – Blondie B (1984)
Blondie B rappait en français, en anglais et en russe, en 1984. Elle a enregistré ce démo dans les studios de CKGM où Mike Williams animait la première émission de radio hip-hop à Montréal. Preuve d’une présence francophone tôt dans la scène hip-hop de MTL, plus tôt que ce que l’histoire généralement admise raconte.

11 – The rappin’ Rabbi – Rabbi Sid (1984)
Solide track d’électro rap ajoutant même un extrait de musique foklorique juive. Il s’agit d’une parodie produite par des membres de la communauté juive de Montréal. Too cool for synagogue.

12 – Whole lotta rap – Silent Noise (1986)
Track produite en 1986 par Mario T., qui allait devenir MC Mario. Boom.

13 – Beep rap – Freaky D (1986)
Elle faisait partie de la vraie scène hip-hop montréalaise et c’est probablement le tout premier vrai disque (single) enregistré par quelqu’un issu directement de cette scène. Vulgaire, cru, électro.

14 – Frenglish rap – Sebastien D (1991)
Dans la foulée du “succès” du Boyfriend (Rappeur chic, je rappe en français), Manuel Tadros (producteur de la chanson et père de Xavier Dolan) produit 2-3 autres artistes qui se retrouvent sur la compilation Je rap en français Vol. 1, en 1991. Cette chanson préfigure de manière bien maladroite le “franglais street slang” de Sans Pression.

15 – Danse, lucie, danse – Malcolm Z (1990)
Version rap tirée de la face francophone d’un single hip-house montréalais datant de 1990. Ça rush un peu, mais c’est ça qui est ça.

16 – Hidden classic track.

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