TLCHRGMNT: Toast Dawg – The Love Loop

1 Décembre 2012 / par

J’aime bien Toast Dawg même si j’ai souvent l’impression qu’on n’est pas tout à fait sur la même planète. Il a toujours été là pour m’aider dans mes idées et projets. Mais je pense qu’il abandonné l’idée de comprendre où 10kilos s’en allait. Mon grand-père m’a déjà dit, quand je lui parlais d’internet, qu’il avait appris assez d’affaires dans sa vie. Je pense que Naes a pris le parti qu’il y avait assez de musique à découvrir dans les archives pour ne pas devoir constamment assimiler ce qui sort dans l’année, le mois, la semaine, l’heure.

Remarque, il a raison: ce que Montréal n’a vraiment pas besoin, c’est d’un énième remix de Lil’ Wayne ou de French Montana. Surtout quand on a sa discothèque. Il s’est assurément trouvé une communauté d’esprit avec la reconnaissance récente du concept de «beat d’auteur/beat builder». Il a beau avoir été là avant et pendant ce qu’on peut désormais qualifier d’«âge d’or» du rap local (en y laissant une marque indéniable), ça aura pris un Art Beat pour que l’ours sorte ses machines et joue ses propres sons, produits par lui et pour lui, devant un public.

Love Loop est tout à fait dans la vague des productions qu’on a pu entendre sur certains beats de Payz Play (sur Love Loop, on attend Égypto à chaque 8 barres), sur Transports, une compil’ de producteurs de la province, et sur divers projets affiliés Art Beat/Piu Piu. On retrouve cette fascination pour les rétro-futuristes, les musiciens d’Italie, du Brésil, de Détroit, qui essayaient de faire de la musique telle qu’ils l’imaginaient être en 2024. Sans surprise, un soucis monastique est porté aux détails: rares sont les producteurs au Québec qui ont une sensibilité aussi aiguë de la cohérence des ondulations soniques. Ça empêche Naes d’aimer 90% de la musique sortie après la mort de J.Dilla, mais il faut bien que ça ait aussi des inconvénients.

Lancées au dernier Pow Wow, une institution d’une certaine conception du rap, difficile de ne pas voir quelque chose de mélancolique dans ces boucles d’amour. Le triste chasseur qui est «reviendu» à Montréal (sur Deer Hunter) n’a pas l’air très optimiste. Pas plus qu’un monde où des truies sauvages et vengeresses policent la nuit les rues du Plateau Est. Toast Dawg semble, volontairement ou pas, tirer le rideau sur une époque.

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  1. [...] comme tout le monde, il a des préférés et des chouchous, dans ce cas-ci les Brésiliens. Son précédent EP, The Love Loop, sorti il y a tout juste un an, portait des traces de cette affection, et il semble [...]

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